Monsieur le Préfet,

Vous m’avez invité à une réunion pour débattre de « l’identité nationale », salle Raugraff à Nancy, le 15 courant. Je tiens à vous informer que je ne me rendrai pas à votre invitation et ce, pour plusieurs raisons :

J'ai la certitude que le débat sur l'identité n'est qu'une manière d'attirer des électeurs en utilisant les moyens de l'Etat. L'identité nationale est un vieux refrain de l'extrême-droite. J’ai encore en mémoire que Bruno Mégret éditait, en 1981, la revue « identité » qui détaillait ces thèmes. Traiter de cela dans les trois mois qui précèdent les élections régionales est révélateur. Comme l'élection présidentielle, les élections régionales subissent un éclairage sécuritaire. Pour moi, il est inacceptable que le sujet de l'immigration soit un nouveau prétexte à l'exacerbation de politiques répressives.

Je ne crois pas un seul instant que notre Pays soit l’objet à la surenchère religieuse dont fait état le Président de la République. Ni l’Islam, ni d’autres religions ne sont en opposition avec le catholicisme ; que souhaite donc le Président ? de nouvelles guerres de religion ? Laïc et Républicain, je défends l’idée que la France accueille puis intègre des hommes et non des religions. La votation citoyenne réalisée en Suisse ne saurait être prétexte à transposer ce sujet ici !

Au lieu de stigmatiser une catégorie de population, Au lien d’apprendre la Marseillaise aux écoliers, Au lieu de miser sur une politique de plus en plus sécuritaire pour, encore davantage, organiser la surveillance, Au lieu de diminuer les crédits nécessaires à la politique de la ville et donc aux associations de quartiers,

Développons les heures d’histoire, celle de France et du Monde, Expliquons les désastres engendrés par nos politiques guerrières et économiques, et y compris dans les Pays qui furent nos colonies ... Répondons aux urgences du terrain. Celles exprimées par les travailleurs sociaux qui gèrent l’accueil d’urgence, celles exposées à vos services par des associations locales qui luttent contre la misère et pour l’accueil digne de tous les êtres humains, quelque soient leur origine, leur religion leur couleur ! Parce que notre France, c’est celle là !

Monsieur le Préfet, vos services m’ont reçu à deux reprises ces dernières semaines. Avec les représentants des organisations citées ci-dessus, nous avons fait part de la détresse de nombreuses familles qui sont prêtes à sortir des dispositifs d’accueil proposé par l’ARS ou dans les ODA-CADA. Nous vous avons proposé des solutions qui n’engageaient aucun crédit supplémentaire. Combien de famille hébergez vous dans les hôtels de l’agglomération et à quel prix ?

Voilà les points qu’il est urgent d’aborder à la veille de l’hiver.

J’appelle ici tous les réseaux de militants, tous les partis politiques, tous les citoyens à protester contre la tenue de ce débat en se rassemblant dés 18h30 rue Raugraff à Nancy.

Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’accepter, Monsieur le Préfet, mes salutations les plus républicaines.

Philippe Leclercq Conseiller Régional de Lorraine