Il n'est plus utile de refaire la liste de toutes les crises que nous traversons aujourd'hui ; chacun a perçu celle du capitalisme qui engendre les crises sociales et écologiques. Mais il en est une probablement encore plus importante : celle de la démocratie. En effet, on ne règlera pas l'ensemble des crises évoquées si le peuple ne s'associe pas à la réflexion et à la décision.



Concernant la crise du capitalisme : les énormes manifestations du premier semestre ont accouché ... d'une souris ; ce qui a eu pour effet de décourager les manifestants potentiels lors de la dernière échéance ! « A quoi ça sert d'aller manifester ? » a-t-on pu entendre ; les mouvements politiques ont beau tenter de proposer la transformation des revendications en programme politique, les syndicats donnent l'impression de vouloir en garder l'exclusivité. Pourquoi faire ?. Et quid des demandeurs d'emplois ou de ceux qui recherchent des emplois « déclarés » ! Nous devrons les écouter pour construire avec eux les réponses politiques que nous pourrons mettre en place ou, au moins, proposer à nos partenaires. Avec la crise écologique on voit apparaitre les opportunistes ; ils se servent de l’écologie soit pour développer un « nouveau commerce », soit pour prendre un créneau politique !



Nous devons, au plus tôt, renouer des liens avec les collectifs et associations qui traitent des sujets qui feront la transformation sociale et écologique de notre société. Et nous aurons ainsi confirmation que les citoyens se mobilisent plus facilement lorsqu'ils sont informés mais aussi lorsqu'ils sont touchés par un problème.



Alors, pourquoi la crise de la démocratie ? Le meilleur exemple, et probablement le plus significatif de ces dernières années, est le referendum sur le traité constitutionnel européen (TCE). Lorsqu'on leur explique, les Français comprennent ! Et lorsqu'on ne tient pas compte de leur vote de 2005, ils considèrent que la participation ne sert à rien et donc ils ne vont pas voter ! Il est donc bien indispensable de tenir compte de l'avis exprimé si on souhaite que le peuple participe. Le peuple n'est citoyen que lorsqu'il s'exprime, mais encore faut-il lui en donner les moyens. Il nous faut donc réfléchir aux outils à développer ; comment réussir à rapprocher le peuple des décisions ? Quelles nouvelles courroies de transmission devrons-nous inventer ?



Permettre le partage de l'information pour tous inclut que celle-ci soit compréhensible ; il faut donc également être vigilant dans l'écriture de nos textes. Car c'est bien en favorisant l'accès à l'information qu'on pourra inciter l'apprentissage du débat et de la codécision. Et si les mouvements politiques ne favorisent pas la transmission des informations qui le fera ? Après que nous ayons constaté que le système capitaliste arrivait au bout de ses expériences mortifères, avec qui pourrons construire d'autres façons de vivre ?

Les mouvements politiques doivent donc faciliter de nouvelles pratiques (micro trottoir pour écouter la voix du peuple) ou reprendre des anciennes (cahier de doléances,couarail, ...). En tant que partisans de cette pratique de la politique autrement, à nous d'impulser, de favoriser,de promouvoir toutes les actions et idées qui iront dans ce sens.



Car, sur quels critères pourrions-nous régler la crise économique, la crise écologique et la crise sociale si le peuple ne participe pas et n'adhère pas ? Nous ne réussirons à régler les crises que si le peuple participe Nous ne réussirons à régler les crises que si le peuple devient citoyen ! Nous avons, d'ici le printemps 2010, la possibilité de faire ce que nous disons en matière de « politique autrement ».